Aimer et Protéger les océans – Méditerranée

Identité de la Méditerranée

La Méditerranée est située à la croisée de 3 continents (Europe, Afrique, Asie).
Elle se divise en deux bassins, occidental et oriental, séparés par un haut-fond entre Sicile et Tunisie. Chaque bassin est divisé en mers et golfes : mer Ionienne, Golfe de Syrte, mer Égée, mer Tyrrhénienne, mer Ligure… Autant de lieux qui invitent à la découverte de cette mer riche et unique.
Mer quasi-fermée, la Méditerranée est reliée, à l’ouest, à l’océan Atlantique par le détroit de Gibraltar et, à l’est, à la mer de Marmara et à lamer Noire par les Dardanelles et le Bosphore. Lamer de Marmara est parfois considérée comme faisant partie de la Méditerranée. Enfin, le canal de Suez au sud-est relie la Méditerranée à la mer Rouge.
 
A l’échelle de la Planète, la Méditerranée est une mer de petite taille. Avec sa surface d’environ 2,5 millions km2 (soit 5 fois la superficie de la France) elle couvre moins de 1% de la surface totale des mers et des océans (360 700 000 km2). Son volume d’eau, estimé à 3.7 millions de km3, correspond seulement aux 3 millièmes des eaux de la Planète !
 
La plus grande distance kilométrique d’est en ouest (de Beyrouth à Gibraltar) est de 4000 km, et de 800 km du nord au sud (de Gênes à Bizerte).
Le détroit de Gibraltar, très étroit, sépare l’Europe et l’Afrique. Il est large de 14 km seulement. La configuration particulière de la Méditerranée fait qu’un navire ne peut jamais être à plus de 350 km d’une côte !
 
L’histoire géologique de la Méditerranée, très mouvementée, est totalement liée à ce qu’on nomme « la tectonique des plaques ». Le rapprochement, toujours actuel, des plaques africaine et eurasienne, est à l’origine d’importants phénomènes de collisions continentales et desubduction (enfoncement d’une plaque tectonique sous une autre) qui expliquent la forte activité sismique de la région et la présence de nombreux volcans (Vésuve, Etna, Stromboli).
 
Il y a cinq millions d’années, lors d’un épisode appelé « crise messinienne », le détroit de Gibraltarse referma. Pendant des centaines d’années, l’eau s’évapora et la Méditerranée fut progressivement réduite à un grand lac salé asséché. Des dépôts salins, encore présents aujourd’hui au fond de la mer, témoignent de ce phénomène. Lors d’un nouvel épisode géologique, la digue naturelle qui séparait l’océan Atlantique et la Méditerranée se rompit. L’eau de l’océan se déversa alors en Méditerranée sous la forme d’une gigantesque cascade d’eau de mer. Il fallut quarante ans pour remplir de nouveau la Méditerranée.
 
Pour beaucoup de gens, la Méditerranée est considérée comme une mer calme et sans marée… En fait c’est tout le contraire. La Méditerranée est caractérisée par de violents coups de mer et les marées existent bel el bien, mais celles-ci sont généralement de faible amplitude (40 cm en moyenne).
A certains endroits cependant et à certaines époques de l’année, les marées peuvent atteindre des niveaux très importants : près de 2,30 m dans le Golfe de Gabès ou 1,30 m dans la lagune de Venise (la fameuse acqua alta). Dans ces lieux, la marée est plus importante qu'à Dakar sur l’Atlantique !
Par contre, il n’existe pas en Méditerranée de forts courants locaux comme en Atlantique. Les courants dominants, correspondant aux phénomènes de turbulences liés à la rotation de la Terre, tournent comme dans tout l’hémisphère Nord, dans le sens contraire des aiguilles d’une montre.
Le bassin méditerranéen, soumis à un fort ensoleillement, des températures élevées, et à de faibles précipitations, est un formidable bassin d’évaporation. L’eau s’échappant dans l’atmosphère est compensée par un apport permanent provenant de l’océan Atlantique. On estime que, grâce à ces échanges, l’eau du bassin se renouvelle en moyenne tous les 90 ans.
En Méditerranée, l’eau n’est pas la même partout ! Elle est plus salée à l’est qu’à l’ouest ! Les fortes températures régnant dans le bassin oriental et les très faibles apports d’eau douce dus à la rareté des fleuves, expliquent ce gradient de salinité observé d’est en ouest. Au niveau du détroit de Gibraltar, la salinité est de l’ordre de 36 g de sel par litre d’eau. Elle atteint 39 g dans la partie orientale ! La salinité des eaux côtières de Monaco est de 38 g.

 
Le saviez-vous ?
Chaque litre d’eau de mer contient en moyenne 31 g de chlorure de sodium, 5 g d’autres chlorures (magnésium, calcium et potassium), 3 g de sulfates, carbonates et bromures, ainsi que quelques milligrammes de différents métaux.
 
Une grande variété de pays, en terme de superficie et de population, bordent la mer Méditerranée.
Au Nord : Monaco, France, Italie, Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Albanie, Grèce, Turquie.
A l’Ouest : Espagne
A l’Est : Syrie, Liban, Israël, Bande de Gaza.
Au Centre : les îles de Malte et de Chypre.
Au Sud : Égypte, Libye, Tunisie, Algérie et Maroc.
 
Comme elles sont en constante et rapide évolution, il est difficile d’obtenir des informations fiables sur les populations de la Méditerranée. En 2000, la population totale des 22 pays qui bordent la Méditerranée était de 427 millions d’habitants (soit 7% de la population mondiale).
Selon les statistiques du Plan Bleu, cette population, en très forte expansion, atteindra 524 millions d’habitants à l’horizon 2025.
Sur les côtes, la densité de population (96 habitants par km2) est beaucoup plus forte qu’à l’intérieur des terres. Le nombre d’habitants côtiers s’élève à environ 160 millions, dont 85 millions établis sur la rive sud et 75 millions sur la rive nord. 
 
Depuis des millénaires, la mer Méditerranée remplit des fonctions vitales pour tous les habitants de ses côtes, leur offrant nourriture et travail. L'unité apparente de la région méditerranéenne masque cependant une grande disparité dans les situations nationales, liée à des situations sociodémographiques contrastées et des développements économiques disparates.
 
Cette disparité se traduit en particulier par un écart important du niveau de vie entre les habitants du Sud et du Nord de la Méditerranée.
Le tourisme (et ses activités connexes comme le bâtiment, le transport, l’hôtellerie, la restauration, le nautisme) est devenu l’activité économique principale. Il ne faut pas oublier cependant le transport maritime ainsi que la pêche, en perte de vitesse.
 
Sur les côtes méditerranéennes se sont installées nombre d’industries, généralement peu en lien avec la mer, sauf en ce qui concerne la facilité du transport des matières premières (produits pétroliers).
Avec seulement 1% de la surface des mers, la Méditerranée concentre à elle seule 2% de la pêche mondiale, 25% du trafic maritime mondial et 30% du trafic pétrolier !
 
Route de transit privilégiée pour les produits manufacturés affluant d’Asie, elle voit passer chaque jour, 300 pétroliers, 400 porte-conteneurs (en tout 250 000 navires marchands) et 2000 navires de tous tonnages (ferries, bateaux de croisière, bateaux de pêche). Depuis quelques années, on assiste à un « boom » de l’industrie de la croisière en Méditerranée, le nombre de passagers triplant en moins de dix ans pour atteindre 3 millions en 2009. Le nautisme est lui aussi en pleine expansion !
 
Ce trafic maritime intense n’est pas sans conséquence sur le milieu marin. Si des progrès restent à faire, de plus en plus de professionnels du transport maritime (marchand et passager) et du nautisme s’engagent aujourd’hui vers des pratiques propres et respectueuses de l’environnement en matière d’énergie, de déchets et de pollution acoustique.
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