Conférences – 2015 Cycle Océan

Cycle de conférence 2015 de l'Institut océanographique

Menace au coeur de l'océan
En ces temps marqués par nombre de préoccupations sociales ou sécuritaires, saisissons l’occasion de la conférence climat qui se tiendra à Paris en décembre pour réfléchir à notre relation à notre planète bleue de prendre la mesure de notre impact sur l’environnement. 
 
Dans la question climatique, l’océan est longtemps resté bien discret, le climat semblant plutôt relier ciel et continents. C’est que le mythe est tenace d’un océan immense, étranger et inaltérable !
 
Pour la première fois l’an dernier, le 5ème rapport du GIEC a révélé en détail le rôle essentiel de l’océan dans la régulation du climat. Il absorbe un quart du CO2 que nous émettons, autant que la végétation à terre, et nous fournit en retour la moitié de l’oxygène que nous respirons. Il a aussi capté 90% de la chaleur issue de l’effet de serre, au point de laisser croire que le réchauffement global n’était pas un sujet. Le record de température battu en 2014 participe à convaincre que ce n’est pas le cas et que la planète s’échauffe toujours très vite.
 
Si l’océan a été un formidable ralentisseur du réchauffement global, nous découvrons aussi qu’il en pâtit. En première ligne, les récifs coralliens souffrent des pics de température et de l’acidification de l’océan. Tous les écosystèmes subissent cette évolution d’une vitesse inédite dans l’histoire du climat.
 
Plus inquiétant, la surchauffe n’est pas que climatique. Nous avons cru que l’océan pourrait répondre à l’emballement de notre appétit. En un demi-siècle, la pêche intensive et industrialisée s’est répandue sur tout l’océan et, sans vigilance, certaines espèces comme le thon rouge ou les requins peuvent aujourd’hui être décimées en quelques années ! Nous découvrons aussi que les déchets plastiques, qui partent en mer par millions de tonnes, s’accumulent de façon visible jusqu’au cœur de l’océan. De sinistres « continents » apparaissent et ce n’est là que la partie émergée du problème.
 
Tels des enfants prenant la mesure du monde qui les entoure en grandissant, nous nous rendons compte des limites de notre planète et des 70% d’océan qui les couvrent.
 
150 ans après Malthus, le Commandant Cousteau s’est interrogé sur les limites du développement humain. Non seulement notre population croît rapidement, mais l’élévation bien légitime du niveau de vie à travers le monde fait exploser les besoins. 
 
Inscrire durablement nos besoins dans les limites de l’océan et de la planète est sans doute notre plus grand défi et une responsabilité collective.
 
La technologie nous apporte constamment de nouvelles solutions pour mesurer la santé de l’océan, comprendre les espèces qui y vivent et les équilibres vitaux. La technologie permet aussi de surveiller, maîtriser et optimiser les activités humaines. Mais la technique n’est rien sans la volonté commune d’agir. L’océan partage avec l’atmosphère ce qui fait sa grandeur et son drame : il appartient à tous et a besoin de chacun pour garder sa vitalité, sa diversité, son utilité
 
En 2015, au fil de neuf rencontres exceptionnelles, je vous invite à découvrir les limites de l’océan, mais aussi les solutions qui se dessinent aujourd’hui pour vivre avec, en réinventant notre relation à notre planète bleue, unique, fragile et belle.

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